Chronique d'Avril

Publié le par Justine

D'après la définition de 1738, le mot vampire vient de l'allemand "Vampir", lui-même dérivé du serbe et du hongrois et signifiant généralement "chauve-souris" dans de nombreuses langues slaves. On a donc affaire à un mythe venant de l'est de l'Europe, qui est ancien et qui a depuis sa création eut une connotation négative.
Au travers des âges, on a vu sa stature grandir, s'étoffer et s'acclimater en marge de l'époque dans laquelle il évolue sans pour autant y prendre part. Après tout c'est bien connu, le vampire est technophobe... Ses premières armes furent posées à l'écrit. Héros maudit de la littérature, monstre hantant les pages des romans, l'homme aux dents longues (car oui c'est quasiment toujours un homme) s'est illustré depuis les années 1800 dans de nombreux livres.

 

 

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L'un des plus connus est sans nul doute Dracula de Bram Stoker, où comment un mythe s'incarna dans un seul nom : celui de Vlad Tepes et devint une icône gothique, une sorte de père fondateur, premier d'une longue série de petits vampires aux crocs dégoulinants de sang. Dans cette histoire, un jeune notaire de Londres est envoyé aux bons soins de son client dans un château perdu dans les Carpates. Tout le roman est une correspondance entre les différents personnages du roman, surtout entre Jonathan Harker (le héros) et sa fiancée : Mina, qui va devenir malgré elle la cible des élans amoureux du Prince des Ténèbres. Ici amour, passion, quête et surnaturel se mêlent et offrent au vampire un premier rôle sensible et presque humain malgré sa monstruosité.

 

 

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Dans sa directe lignée et étant la suite de l'œuvre originale, Dracula l'Immortel a été récemment écrit par l'arrière petit neveu de Bram Stoker, Dacre Stoker, et par Ian Holt, chercheur spécialisé sur le mythe de Dracula. Cette adaptation replace plus précisément nos héros dans leur époque avec des faits plus précis, des références claires et présentes tout du long du film tel que Jack l'Eventreur (dont on peut supposer qu'il a été une source d'inspiration pour feu Bram Stoker), Elizabeth Bathory ou encore plus simplement la naissance de l'électricité. A la différence de son ancêtre, Dacre s'attarde à rendre son méchant moins méchant (parce que oui, dans Dracula l'Immortel, Dracula n'est pas le grand méchant, loin de là) et briser quelques croyances populaires (l'ail, les croix, l'eau bénite, etc.) qui ont fait la renommée du vampire. Une réécriture des plus contemporaines donc.

 

 

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Pour les adeptes du genre, les assoiffés du savoir vampirique, un autre univers est à découvrir : celui des chroniques d'Anne Rice. Cette bonne madame cartonne depuis maintenant plusieurs années avec ses Chroniques des Vampires (Entretien avec un Vampire, Lestat et la reine des Damnés), ses Nouveaux contes de Vampires et d'autres séries qui ne concernent plus nos amis à dents pointues. Ses héros se détachent de Dracula aussi bien de par le mythe que par la filiation qui est réinventé dans un certains sens. Héros à part entière, elle nous raconte leurs vies, leurs émotions, leurs morts et leurs renaissances. Un passé qui les hantent à travers les siècles et ressurgit parfois sur leur présent.

 

 

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Pour nos adolescents, on ne peut passer à côté du phénomène mondial qui porte le nom de Twilight (quatre tomes sortis : Fascination, Tentation, Hésitation et Révélation). C'est d'ailleurs lui qui, une décennie après notre compagnon à lunette et à la cicatrice en forme d'éclair a révolutionné le genre en remettant au goût du jour un monstre tapi dans l'ombre. Si comparé à ses aînés il se veut romantique et merveilleux - le gendre parfait en quelque sorte – il a sa part d'ombre dans les tourments de l'amour et fauche les cœurs féminin d'un coup de crocs. La collection passe actuellement sur grand écran, le premier film 1 est d'ores est déjà dans vos bibliothèques, et la suite ne devrait pas tarder à suivre au fur et à mesure...

 

 

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Le royaume de la bande dessinée n'est pas non plus en reste par rapport à l'envie du sang frais. Un grand classique est sans nul doute la BD Requiem : chevalier vampire, de Ledroit et Mills. Au fil des pages on suit la mort, la renaissance et la non vie de Heinrich / Requiem, ancien SS qui a reprit mort sur Résurrection. Car oui, dans cet enfer le court du temps, des notions, des mœurs sont inversés. La mort devient la vie, la vie la mort, le bien le mal, le mal le bien. Un grand chamboulement car nos vampires héros sont en fait d'anciens grands méchants de l'histoire, une résurrection à la hauteur de l'horreur de leur ancienne vie en quelque sorte. Il faut cependant faire attention, cette BD n'est pas à mettre entre toutes les mains car des sujets bien souvent tabous sont monnaie courante et pourraient choquer les plus jeunes. Pour nos chères têtes blondes, il vaut mieux leur donner à lire Petit Vampire, la série dessinée par Joan Sfar.

 

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Les DVD pour finir. Vous trouverez bien évidemment le premier volet de Twilight dont je vous ai parlé quelques lignes au dessus, mais en dehors de ça, on aura aussi pour vous "Je suis une légende" avec Will Smith. Cette adaptation du livre de Richard Matheson nous montre un avenir post-apocalyptique ; un virus créé par l'homme s'est répandu, éradiquant la quasi-totalité de l'humanité en peu de temps. Peu ont survécu, sauf Robert Neville qui erre désormais seul dans un New York qui retourne peu à peu à l'état sauvage. Accompagné de son chien, il doit sans cesse faire face à ces vampires, ces monstres fruits du virus, jusqu'au jour où il croise quelqu'un d'autre. D'autres vivants... Un bon film, certes loin de l'œuvre originale mais qui traite plutôt bien de la solitude de l'homme face au vide.
Et pour clore la sélection, revenons à celui par qui tout a commencé : Dracula. En effet sur grand écran l'œuvre de Stoker fut magistralement adapté par Francis Ford Coppola, suivant fidèlement le récit, montrant grâce à Gary Oldman un vampire qu'on a du mal à détester.

Sur ce, il me reste à vous laisser déguster tout cela à votre aise...

Justine

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